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| Fredo |
Posté le: Mar Juin 10, 2008 6:43 pm Sujet du message: La Trilogie de la Voie des Ombres de Camut et Hug |
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Inscrit le: 15 Fév 2007 Messages: 86 Localisation: Argenteuil
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# Broché: 499 pages
# Editeur : SW-Télémaque (8 juin 2006)
# Collection : THRILLER
# Langue : Français
# ISBN-10: 2753300356
Présentation de l'éditeur
Un cadavre nu est découvert dans une friche industrielle, la main droite déchiquetée. Un homme se tire une balle en pleine tête, dans un centre commercial bondé. Un jeune père dressé comme un chien est torturé sans relâche au fond d'un cachot sans porte ni fenêtre. Aucune piste, aucun lien, aucun mobile... Qui sont ces hommes ? Pourquoi ont-ils été choisis ? Pour quelle mise à mort aberrante ? Une nouvelle race de psychopathes est à l'œuvre. Un prédateur imprévisible et monstrueux. Sa traque macabre a déjà commencé.
Après avoir renouvelé le fantastique avec sa série culte Malhorne, Jérôme Camut insuffle brutalement au thriller une puissance et une efficacité nouvelles. Ecrit à quatre mains avec Nathalie Hug, Prédation entrouvre la porte d'un univers imprévisible et angoissant, " Les voies de l'ombre", étrangement en prise avec les faits divers les plus choquants qui traumatisent depuis peu nos sociétés.
Depuis le temps que l’on me parlait de ce livre, il était temps que je le lise. Après les aventures de Sharko par Franck Thilliez, je suis content de retrouver un personnage tourmenté comme Rufus Baudenuit.
Avant de commencer à parler de l’intérieur du livre, je tiens à féliciter les éditions Télémaque pour leur très belle édition. Prédation, avant d’être un très bon thriller, est surtout un très bel objet. Quand on voit les horreurs que sont capables de mettre en couverture certains éditeurs, il est rassurant que des gens pensent encore à faire leur travail pour produire un beau livre, avec une belle main.
Donc, je parlais de Baudenuit. Tourmenté comme Sharko, et sympathique comme peut l’être le débonnaire Harry Bosch de Michael Connelly.
Le livre se décompose en 8 parties, avec 85 chapitres, prologue et épilogue inclus.
I Le singe, le chien et le serpent
II Le silence et le vent
III Un rayon de soleil sous une brique
IV Un filet, trois petits poissons et des mailles trop larges
V Le hasard, les incertitudes et les coups de bluff
VI Chacun cherche son reflet dans le miroir
VII La poussière, la vengeance et les orphelines
VIII La cerise et le dragon
85 chapitres donc qui permettent de dévorer le livre à un rythme de dingue, qui font monter la pression jusqu’au final qui va en sécher plus d’un. Une monté en puissance, sans fausses notes, sans invraisemblances (peut être juste un Kurtz un peu trop « présent »).
Rufus entrain de déguster un bon café. Rufus entrain de penser à sa femme, Anna, qui vient de le quitter. Deux éléments omniprésents dans l'univers de ce flic de 51 ans, qui sent qu’il a entre les mains les éléments d’une affaire hors norme.
Hors norme comme la personne qui se cache derrière ses enlèvements, Kurtz.
Nous allons donc suivre, pendant 500 pages (exactement), Rufus enquêtant sur un meurtre et un suicide dont il va parvenir à trouver les points commun et Andréas, un père de famille qui a été enlevé avec sa fille et qui se retrouve séquestré dans une pièce, sous les ordres de ce mystérieux Kurtz.
Et ce qui rend le déroulement de l’histoire particulièrement intéressant, c’est le parallèle qui s’instaure entre Rufus et Andréas, chacun des deux agissants, sans s’en rendre compte, de manière à ce qu’ils aillent finalement l’un vers l’autre.
Plus l’enquête progresse, plus Rufus découvre qu’il a affaire à un adversaire redoutable. Plus la torture mentale exercée sur Andréas par Kurtz est forte, plus Andréas va parvenir à imaginer un plan pour s’en sortir.
Et en tant que lecteur, on sent cette affaire prendre de l’ampleur, on sent cette colère gonfler et gronder dans le cœur de Rufus et d'Andréas. On sent ce lien qui commence à se créer entre les deux personnages. On se sent oppressé aussi comme eux, on se sent mené par le bout du nez, eux par Kurtz et nous par Jérôme et Nathalie.
Et puis les auteurs prouvent que l'on peut écrire des histoires très intenses pour leurs lecteurs sans avoir à sombrer dans le sanglant, c'est assez rafraichissant aussi.
Je n’ose pas trop en dire sur le déroulement de l’histoire et surtout sur ce superbe final bien bien sombre. J’espère donc que l’on aura l'occasion de voir ce que le fruit de ce lien qui unit ces deux personnages va donner dans Stigmate, la suite, à paraître dans quelques mois.
Je trouve ce genre de final assez courageux de la part des auteurs. Comme Thilliez et son Sharko, ils n’ont pas hésité à choisir d'en faire baver Rufus. C’est une sorte d’équilibre qui se crée, plus l’enquêteur est bon, plus il a du talent, plus il progresse au cœur des ténèbres ( ;) ) plus il se consume, plus il devient fragile. On assiste à la progression de cette courbe, qui atteint son point culminant, son paroxysme et qui chute brutalement. C’est presque mathématique un bon thriller non ? Un savant dosage de prestidigitation et de mathématique.
Au plaisir de retrouver Rufus, Andréas et Kurtz.
2006 aura donc était l’année d’Hématome de Maud Mayeras et de Prédation de Jérôme Camut & Nathalie Hug. _________________ Frédéric Fontès
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| Fredo |
Posté le: Mar Juin 10, 2008 6:43 pm Sujet du message: |
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Inscrit le: 15 Fév 2007 Messages: 86 Localisation: Argenteuil
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« Ils appelleront ça un tueur en série.
Une association de mots vulgaires pour qualifier ce que j’ai entrepris.
La presse et les médias pourrissent tout.
Rien n’est assez juteux pour ces charognards.
Les centaines de pages qui suivent sont le témoin impartial de la mise en application du Système.
Approche-toi, ami voyeur.
Et n’ait pas honte de ton vice.
Viens pénétrer le monde d’un artiste du crime. »
Les voies de l’ombre.
Voilà ce que nous rappelle ce deuxième opus via le sous-titre de cette trilogie, après Prédation. Si ce premier opus était une enquête policière, cette suite s’attache plus à nous faire découvrir les voies qu’auront suivis chacun des personnages depuis que l’on avait tourné la dernière page du précédent roman de Nathalie Hug et Jérôme Camut. Comme si ce livre n’avait été qu’une sorte de shakeur et que l’on découvrait désormais les cocktails détonants qui font désormais l’essence de ces personnages. Comme si nous n’avions eu qu’un aperçu des ingrédients affectés à chacun des personnages principaux tel que Rufus, Daza, Andréas, Kurtz, Michèle ou Thomas. Après il suffit de suivre la recette. Secouer bien fort. Remplir chaque verre. Déguster bien frais.
La surprise donc, de Stigmate, c’est les nouveaux parfums, ces nouveaux goûts, ces nouvelles saveurs à découvrir, qui correspondent à des chemins de vie susceptibles d’être pris par chacun des acteurs du roman. Chaque destin peut être vu comme les différentes voies que pourra prendre individuellement chaque personnage. Des chemins de vie mais aussi, des chemins de mort. Amers ou doux, sucrés ou désespérément salés. Attendez-vous à passer du miel au vinaigre …
Le livre est donc composé de 108 chapitres à dévorer très vite !
Préface
Prologue
I. Tout le monde a le droit de disparaître
II. Ordre et désordre dans le chaos permanent du monde des hommes
III. Le monde est bien trop petit pour s’y cacher longtemps.
Épilogue
Stigmate nous raconte le destin de quatre personnages à qui il est arrivé la même mésaventure et qui vont vivre quatre destins différents. Des accès devant lesquels chacun d’eux va se retrouver confronté, conduisant vers des veines de vie et de mort qu’ils vont être déterminés à suivre, à explorer, jusqu’au bout. Des êtres hantées par des démons, des tourments, déterminées à signer un pacte avec leurs propres démons. Quatre promesses, quatre souhaits. Avec au bout du compte, la rédemption ou la malédiction, le paradis ou l’enfer, le pardon ou la damnation. Des destins, des voies, des rayons qui nous dirigent vers les voies de l’ombre.
Des voies de l’ombre qui donnent aussi l’occasion aux auteurs de se prêter à un exercice de style via l’élaboration d’un livre dans le livre puisque les voies de l’ombre sont en fait le titre des mémoires d’Olivier Lavergne, que nous découvrons au gré des pages et qui nous prend à témoin. Voir le chapitre 95 où Kurtz s’en prend au lecteur :
« Comment nomme-t-on les chiens lancés aux basques du dresseur ? Des pantins. Comme vous êtes tous en ce moment à lire ces pages, des marionnettes entre les mains du manipulateur, des esprits entravés en appétit d’autonomie, de futures carcasses que l’on jettera au feu. »
Lecteur manipulé par Kurtz ou par Nathalie et Jérôme ? L’exercice de style devient vraiment intéressant quand un des personnages se retrouve en possession de ce manuscrit. Cela crée soudain une drôle d’interaction entre le lecteur, les auteurs et les personnages, puisqu’à ce moment là de l’histoire, il devient acteur de l’histoire, puisque lui aussi a lu ce manuscrit et devient donc témoins passifs de la folie de Lavergne.
[spoiler]Stigmate nous met également face à un élément majeur de l’histoire de Prédation, dont les conséquences vont prendre forme dans ce deuxième opus. Comme je vous le disais plus haut, ce livre nous révèle les stigmates, les traces, les cicatrices de quatre personnes violées psychologiquement par un fou, dressées et enfermées contre leur grès. Et sur ces quatre personnes, l’une d’elle va faire l’objet d’une terrible lutte intérieur. Une lutte intestine et bien connue des psychologues qui mènent des thérapies sur d’anciens otages : le syndrome de Stockholm. Cette interaction qui va se créer entre le bourreau et sa victime, cette dépendance mutuelle qui va se nourrir de l’un et de l’autre, va complètement faire exploser le schéma habituel du genre d’histoire que nous sommes habitués à dévorer.
Quelques éléments glanés sur le wikipédia pour mieux comprendre :
Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à adopter un peu ou tous les points de vue de ceux-ci.
Au départ et dans n'importe quelle rencontre au hasard, il y a "sympathie" (du grec littéralement "même souffrance") dans la reconnaissance mutuelle d'un "alter ego" (l’autre moi différent ou altéré) chez l’autre. Ensuite arrive la reconnaissance mutuelle d'une concordance profonde des personnalités dans l'interaction "complémentaire" en "creux et relief" des grandes différences. Il y a "antipathie" dans l'interaction symétrique en "miroir" de la rivalité dans de grandes similitudes, comme l'escalade de la course aux armements où un bouclier plus épais répond à une flèche plus puissante et comme la surenchère des vantardises ou à un exploit imaginaire répond un exploit au moins égal et tout aussi imaginaire.
Le sociologue Amitai Etzioni a étudié la "compliance" qui est une interaction complémentaire du couple autorité-obéissance, comme dans celui de domination-subordination et celui de pourvoyeur-bénéficiaire, etc.
C’est de ça dont il s’agit dans Stigmate. On ne peut rester insensible à ce mot, compliance, qui mêle la complicité à la complaisance, la complémentarité et l’alliance, la confrontation et l’obédience, la soumission et l’allégeance. Comme si la frontière entre la sympathie et l’antipathie était tel qu’elle nous permettait d’atteindre cette ligne de démarcation qui sépare le bien du mal, le blanc du noir, la vie de la mort, l’espoir du désespoir, sans jamais quitter un côté, sans jamais en explorer complètement l’autre. Une altération qui nous fait face dans ce miroir, une rivalité qui grossit tel un cancer mais qui au finale peut se transformer en complémentarité.
Une antipathie qui va devenir empathie. Une rébellion qui va devenir obéissance. Une haine qui va devenir respect. Une incompréhension qui va devenir interrogation, puis acceptation. Une opposition qui va devenir interaction. L’ombre qui dépend de sa lumière. La lumière qui découvre ses zones d’ombres. À l’image des lumières et des ombres qui électrisent l’âme humaine. Comme le précise l’article plus haut, c’est assez surprenant de voir, de lire, de découvrir dans Stigmate les liens qui se créaient tel un lierre qui cherche à progresser, une racine du mal qui cherche à se sustenter. [/spoiler]
Belle claque que la lecture de ce deuxième opus. Bien dérangeant comme il faut, et surtout, une histoire qui nous hante bien après sa lecture. Tant mieux pour nous qui errons sur les forums, nous allons pouvoir en parler pendant de longs moments…
Quoiqu’il arrive, que l’on aime Stigmate ou qu’on le déteste, il ne laissera certainement pas indifférent. Vous allez l’adorer. Ou le détester ! Le livre va vous surprendre, vous étonner, vous choquer, vous trahir, vous malmener. Mais bon, fallait s’y attendre. J'aimerai déjà lire la suite. Rares sont les auteurs qui ont le courage de maltraiter à ce point leurs héros et qui ne laissent pas de place au compromis, au consensuel ou au « happy-ending ». Il y avait Stephen King. Il y a eu depuis en France Jean-Christophe Grangé, puis Franck Thilliez. Il faudra désormais compter sur Nathalie Hug et Jérôme Camut. _________________ Frédéric Fontès
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| Fredo |
Posté le: Mar Juin 10, 2008 6:44 pm Sujet du message: |
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Inscrit le: 15 Fév 2007 Messages: 86 Localisation: Argenteuil
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Et si il suffisait de 25 tueurs pour plonger la France dans le chaos ?
Une meute de silhouettes sans visage dressées par un pervers de
génie pour frapper leurs cibles avec une perfection terrifiante ...
Et si il suffisait d’un seul homme ?
pour que tous nous nous mettions à douter…
Si Prédation était un thriller policier, et Stigmate un thriller psychologique, comment pourrait-on caractériser Instinct ? Encore une fois, Jérôme Camut et Nathalie Hug entraînent leurs personnages là où on ne les attendait pas. C’est ce qui fait le charme de cette trilogie au final. Les auteurs seront toujours parvenus à avoir un coup d’avance sur leurs lecteurs, ce qui leur aura permis d’avancer sur la table, des cartes que l’on n’aurait jamais envisagé de voir jouer dans cette partie.
Ce qui est très intéressant à la lecture de ce nouvel opus, c’est que l’on se sentait un peu dérangé dans le tome 2 de ce rapprochement entre Kurtz et …, on se disait « mais comment peut-il se rapprocher de ce monstre ?! » Étonnamment, c’est ce qui va arriver au lecteur de cette histoire. Petit à petit, Kurtz dévoile son plan, et comme le héros, nous allons commencer à changer de point de vue … Un syndrome de Stockholm, comme je l’évoquais dans Stigmate mais qui cette fois, accompli définitivement son œuvre auprès du lecteur.
C’est l’une des forces de cette trilogie, à chaque partie, le lecteur rentre dans les souliers d’un des personnages principaux : Rufus, Andréas, Daza. Trois étapes, trois tempéraments. Colère, résignation, compréhension. L’autre point important, c’est la manière dont les CamHug sont arrivés à faire évoluer leurs personnages. On a vraiment l’impression d’avoir à faire à des Docteurs Frankenstein, ayant donné la vie à des êtres de papier qui ont pris leur indépendance dans les romans et qui ont parcouru cette voie des Ombres en complète autonomie. Les personnages ont vécu leur propre vie, avec cette juste dose de fatalité, de hasard et de destin.
La trilogie de la Voie des Ombres aura su retenir toute notre attention et s’imposer comme une lecture qui sonne juste, un incontournable pour tout fan de thrilleur qui se respecte. _________________ Frédéric Fontès
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