|
| T comme Touseul - La Parodie |
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message
|
| Virprudens |
Posté le: Sam Mar 15, 2008 10:13 am Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 31 Mar 2007 Messages: 82 Localisation: Lyon
|
Ayé, j'ai trouvé un petit moment ce matin pour ajouter un bout de machin aux péripéties de Tété. Un truc léger, digeste.
Et pis c'est bientôt l'heure de l'apéro.
Enjoy.
-----
Le gars fait mine de ne pas avoir entendu Grasse – non plus que Julia, manquerait plus que ça! Faut croire qu'elle ne lui a pas plus tapé dans l'oeil que ça. Je peux le comprendre. Et ce qui me fait chier, c'est que je ne sais pas trop comment prendre ça : d'un côté, si elle lui plait, je veux lui péter sa gueule, d'accord, c'est normal, c'est la jalousie qui parle (et si je ne le fais pas avec Psychololo, c'est uniquement parce qu'il risquerait de me réduire en coulis de tomates), mais d'un autre côté, si elle ne lui plait pas, si les formes de ma gonzesse ne réveille pas ses bourses assoupies, ça me vexe, ça signifie que ma gonzesse n'est pas bandante. Ce qui est malheureusement vrai. Mais n'empêche, c'est vexant, c'est ma femme.
Ou alors, l'autre en face est – pour reprendre le mot de notre ami Lolo – une bonne grosse tarlouze.
Il fait bien ce qu'il veut, il est libre, après tout la sodomie ça peut être fun – mais va pas falloir qu'il me mette la main sur la cuisse, je vous promets que ça, il risquerait de déclencher l'armagueddon sur sa tronche.
Il est à deux pas, désormais. Il me tend la main. J'hésite.
– Salut, moi c'est Jean-Claude, et là vous êtes sur notre spot. Bienvenue à vous quatre.
Il a le sourire franc, la main ferme (j'ai été poli, je lui ai serrée) et un accent plutôt sympathique. En fait, je crois que je l'apprécie. Je ne le connais pas, mais inconsciemment, je sens que nous pouvons lui faire confiance. Ca doit être une question de phéromones, ou je sais pas quoi.
– Salut aussi, nous c'est Grasse, Julia, Psychololo et Tété. On est venus voir la mer.
– C'est hypra cool. Allez venez, que je vous présente à mes buddies, dit-il en me mettant une main sur l'épaule.
Ouais, je l'aime bien le gars. Je me retourne vers mes compagnons, et je vois qu'ils tirent une tête de trois pieds de long. Ils voulaient se bastonner, et voilà qu'ils se font payer l'apéro. Jean-Claude dirige son sourire Ultrasunshine dans ma direction, et me souffle :
– Gaffe man, ici c'est pas la mer. Ici, c'est le Big Blue, tu vois. L'Océan, avec un grand 'eau'. Faut pas se tromper, tu pourrais vexer quelqu'un. Moi, ça va, je suis cool, mais Jean-Louis par exemple, il apprécie moyennement qu'on traite son Océan de Mer. Il deviens un peu pissed-off, tu vois, man ?
– Ouais, ok, mon pote, je ferais gaffe. Je peux pas me prononcer pour mes compères – ils sont un peu limités question cerveau, mais je leur dirais. Et s'il font un impair, qu'ils assument. Rien à battre.
– Ouah, délire man. Super philo, je kiffe.
Il nous présente à ses neuf autres potes, ses buddies comme il dit : Jean-Louis donc (celui qui est super susceptible en ce qui concerne l'Océan), Jean-Paul, Jean-François, Jean-Jean, Jean-Marie, Jean-Yann, Jean-Loic, Jean-Erwan et Jean-Mohammed.
Une fois les présentations faites, avec moults sourires, tapes dans le dos, échange de clopes, on se dirige vers une sorte de bicoque en bois montée sur pilotis.
– C'est notre home, man. Tu vas voir, la vue, elle est trop deadly.
On s'installe par-terre, autour d'une table basse. Sur celle-ci, une dizaine de verre, ceux des Jean. Jean-Erwan (ou peut-être Jean-Loic, j'ai tendance à confondre les bretons) va chercher des verres propres pour nous autres, les Toutseuls. Il revient non seulement avec les verres, mais aussi avec une bouteille pleine d'un liquide jaunâtre et d'une carafe de flotte.
– Goutez-ça, les friends. C'est un truc qu'on fait importer de la côte Sud, c'est à l'anis, c'est awesome. Mais faut mettre de l'eau dedans, sinon ça te démonte en deux secondes. Ou ça te fait gerber, ça dépend des estomacs.
Je goute, nous goutons – même Julia, mais elle fait la grimace. C'est vrai que c'est bon cette merde !
– T'aurais pas des olives pour aller avec ?
– Charries pas, man. Déjà que ça nous fait chier de devoir commercer avec les autres kékés du Sud pour avoir ce drink – faut pas abuser nous plus. On pousse assez loin la compromission. Alors pas d'olives. Mais on a des artichauts si tu veux. Et des choux-fleurs. Ca se mange bien.
– Et du saucisson ?
– Ah, ouais, ça on a, mais que de l'âne, parce-que Jean-Mohammed il aime pas le cochon – et ici, c'est super démocratique comme tribe tu vois : si y'en a un qui aime pas, personne n'aime.
Je m'enfile une demi-douzaine de verres de leur breuvage, je me sens bien. Du coin de l'oeil, je vois Grasse et Psychololo, bien amoché par l'alcool eux-aussi, commencer à se faire des papouilles. Je m'en branle – rien à foutre. Quant à Julia, Jean-Marie lui a dégoté un jus de pommes fait maison, et elle a retrouvé le sourire – elle rigole avec trois ou quatre Jean, qui lui font des tours de magie. Ouais, la vie est belle.
– Et des chips, t'as pas des chips ? _________________ who the fuck cares anyway ? |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Lekarr |
Posté le: Sam Mar 15, 2008 7:06 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 24 Mar 2007 Messages: 94 Localisation: Rouen
|
Le cul bien calé dans mon hamac, une jambe pendant négligemment jusqu’au sol, je me balance pépère sous la véranda, appréciant ces instants de tranquillité, les premiers depuis bien longtemps.
Putain c’que c’est bon. Pas un bruit à part celui du ressac et les quelques criaillements des mouettes.
Les beach boys sont partis faire trempette dans leur Océan en compagnie de mes deux coquines qui ne voulaient pas passer à côté d’une occasion d’admirer leurs muscles dorés.
Quant à Psyconcon il est resté sur la plage, occupé à passer ses lames dans le sable afin d’en ôter toute trace de rouille. Accroupi comme çà, on dirait un grand gamin un peu attardé faisant mumuse avec sa panoplie de gladiateur.
Mais je suis bientôt rejoint par Jean-claude qui s’en revient à petites foulée en agitant sa tignasse peroxydée au gré du vent.
- Hey man, tu veux vraiment pas aller nager ? T’as tort, y’à des vagues sublimes, c’est hypra-cool ! Et puis, tu pourrais en profiter pour te laver. L’eau de mer, c’est bon pour la peau, à conditions de bien se rincer après. Et de se passer une petite crème hydratante. Si tu veux je pourrais t’aider, et te masser aussi…
Je décline poliment son invitation et, pour changer de sujet, je lui pose des questions sur leur vie dans le coin.
- Y’a pas mieux mec. L’océan, le soleil, le pastaga. Pour la bectance on fait du troc avec les villages à l’intérieur des terres, poisson contre volaille, palourdes contre frometons. C’est cool j’te dis. La journée, on surfe, le soir on fait des barbeuks d’enfer et la nuit…Ah, la nuit…
- Et aucun serpent n’est jamais venu s’immiscer dan votre petit paradis ?
- Oh, y’a bien quelques inconscients qui nous ont cherché des poux. Mais on les a fais décamper fissa. Y dégageaient de mauvaises vibes. C’est pas bon pour la santé, çà stresse. Et après on a mauvaise mine.
- Ouais, mais çà pourrais bien tourner au vinaigre, un jour, parce que, sans vouloir t’offenser, tes potes ont pas l’air bien méchant. Beaux gosses, mais pas intimidants pour deux sous.
- Putain les préjugés ! Faut t’laisser allez man, ouvrir tes chakras. Ou alors essaye le Tai Chi Chuan. Un quart d’heure tous les matins, et tu pètes la forme pour le reste de la journée. Mais pour répondre à ta question, on a comme qui dirait not’ petite force de persuasion. Une gentille petite armurerie. De quoi faire fuir les esprits chagrins. Même les pas beaux d’à côté y nous foutent la paix.
- Les pas-beaux ?
Un vilain petit nuage tout noir vient de surgir dans mon ciel bleu outremer.
- Yes man. Des mecs pas cool, mais alors pas du tout. Ils ont débarqué un beau jour, façon Christophe Colomb découvrant les amériques. A peine le pied sur le rivage qu’ils hissaient bien haut leur pavillon. Un affreux drapeau, tout blanc avec une croix rouge. Sans être médisant, c’est pas très recherché comme symbole. En tout cas ça manque de couleurs. Moi, j’y aurais ajouté un peu de jaune, et puis une touche de vert aussi, et d’orange, çà serait plus fun, plus gai quoi !
- Ouais, je sais pas, peut-être, faut voir. Mais, tu disais ? Les affreux donc ?
- Ben , à peine débarqués, ils ont commencé à investir les lieux. Ils se sont installés dans une grande bicoque qui dominait les environs, adossée à un gros rocher battu par les vagues. T’aurais du voir çà, y passaient toutes leur journée à bosser, à construire. Un mur par-là, une palissade par-ci. Et une tourelle en haut, et une redoute en bas. J’te jure, des bourreaux de travail, y prenaient même pas le temps de piquer une tête dans l’océan. Faut vraiment avoir un vilain fonds pour tourner le dos au big blue, refuser de l’honorer comme il se doit. Quand j’y pense, j’en ai la chair de poule.
- Faut pas, y z’en valent sans doute pas la peine. Mais après ? Ils construisent, ils bâtissent, ils édifient et puis…. ?
- Et puis ils commencent à jouer aux cons. A emmerder les pécores du coin qui ne voulaient pourtant de mal à personne. Tu le croiras si tu veux, mais ces empaffés y disent que tout leur appartient, la terre, les villages, l’océan et même les bonhommes, et les femmes et les chiards. Enfin, pas à eux mais à… Comment qu’ils l’appellent déjà ? Ah oui, la Queen. C’est çà, la Queen. Bizarre comme nom tu trouves pas. Enfin bref, les v’là t’y pas qui revendiquent la propriété de toute la région et racontent des histoires comme quoi ç’aurait déjà été à eux, y’a bien longtemps, et qu’après tout y faisaient rien que récupérer leur bien. Et puis ils débitent des tas de conneries, des sermons, des proverbes : «Dieu est mon droit», «Hennit soi qu’il mal y pousse ». T’y comprends quelque chose toi ? Moi non. Faut dire que c’est pas facile. Y causent pas vraiment comme nous. Un putain d’accent. Bref, tout çà pour dire que c’est des gars pas franchement fréquentables.
- T’as raison. Z’ont pas l’air commodes.
- Oh, tu sais, tant qu’y nous empêche pas de surfer, qu’ils ne viennent pas troubler notre breuvage anisé, y’a pas d’malaise.
Et c’est sur cette réflexion qui fleure bon l’inconscience, que la Sunshine family rapplique, précédant de peu Julia et ma grassounette. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Alain |
Posté le: Mer Mar 19, 2008 1:13 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 07 Mai 2007 Messages: 143 Localisation: Aix en Provence
|
| Ne vous inquiétez pas si ma prochaine intervention tarde un peu... je suis en vacnces pour une bonne semaine. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Lekarr |
Posté le: Mer Mar 19, 2008 4:48 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 24 Mar 2007 Messages: 94 Localisation: Rouen
|
T'inquiètes, Tété n'a pas besoin de nous pour le moment. Il peaufine son bronzage tout en buvant moult pastis. Laissons-le profiter de cette acalmie. Il sera toujours temps de lui pourrir la vie un peu plus tard !
Et toi aussi, profites bien de tes vacances. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Lekarr |
Posté le: Mer Mar 19, 2008 4:48 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 24 Mar 2007 Messages: 94 Localisation: Rouen
|
T'inquiètes, Tété n'a pas besoin de nous pour le moment. Il peaufine son bronzage tout en buvant moult pastis. Laissons-le profiter de cette acalmie. Il sera toujours temps de lui pourrir la vie un peu plus tard !
Et toi aussi, profites bien de tes vacances. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Alain |
Posté le: Mar Avr 22, 2008 3:41 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 07 Mai 2007 Messages: 143 Localisation: Aix en Provence
|
J'ai dans l'idée qu'il se la coule douce notre Tété, depuis qu'il est arrivé dans ce havre de paix.
Arretons-nous là ce premier morceau pour une relecture visant à corriger nos fautes ?
Poursuivons-nous cette belle aventure et mettons-nous de nouveau Tété dans la melasse, jusqu'au trognon ?
Lui trouvons-nous une nouvelle quête, un nouvel objectif, une nouvelle femme..... Nan! Je plaisante !
Qu'en dites-vous les amis ? |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Alain |
Posté le: Mer Mai 21, 2008 12:36 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 07 Mai 2007 Messages: 143 Localisation: Aix en Provence
|
| Bon! Je termine ma nouvelle concernant l'épopée de Cal de Ter, et je m'occupe de Tété. C'est l'histoire d'une semaine, hors corrections. De toute façon, avant de commencer ces dernières, je laisse infuser. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Alain |
Posté le: Mar Mai 27, 2008 2:01 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 07 Mai 2007 Messages: 143 Localisation: Aix en Provence
|
Allez, un petit morceau pour une reprise en douceur :
J'avais quitté le camp des "men in black supra cool", il y avait trois jours de cela. C'était ça ou j'en prenais un pour taper sur l'autre. Le repos c'est bien, mais au bout d'un moment ça lasse et leur outrageuse gentillesse commençait à me mettre sérieusement les nerfs en pelote. Grasse et Julia avaient préféré rester. Elle espéraient se faire un des beaux types avaient-elles oser me confier, sans vergogne, juste pour me faire tartir. Bon, la petite, je ne dis pas. Elle était plutôt choucarde malgré la curieuse façon qu'elle avait de s'exprimer. Mais Grasse, à mon avis, n'avait aucune chance. De peur de prendre un pain, je n'avais pas osé la contredire et l'avais laissé à ses illusions. Avant de partir, j'avais tout de même demandé à Psychotrouduc de surveiller tout ce petit monde, mais à vrai dire, je doutais de plus en plus des capacités mentales de mon compagnon et je préférais ne plus l'avoir sur le dos.
J'étais parti de bon matin et soudain, au détour d'un petit bois, près d'un ruisseau, un type me tomba dessus et m'assomma pour le compte. Je ne sais pas si c'était l'âge ou le mois passé à me la couler douce, toujours est-il que je ne l'avais même pas entendu arriver, alors de là à le chicorner !
A mon réveil, le type était parti avec mon sac à dos. Non pas que le contenu allait me manquer : deux boites de conserves périmées, une corde de 0.42m (environ), un jeu de vingt-trois cartes et un couteau Suisse fabriqué à Taiwan, mais c'était une question de principe. Alors depuis, je lui cavalais après. Au début, la rogne accumulée et la honte de m'être fait étendre sans même réagir m'avaient fait tenir, mais depuis ce matin je courrais comme un somnambule et je n'avais qu'une envie, c'était de m'arrêter sur le bas-côté pour souffler un peu. Finalement, ce fut un petit buisson qui eut raison de ma résistance. En voulant sauter par-dessus pour ne pas dévier de ma course, je sautai d'un bond de gazelle et m'affalai de tout mon long dans un nuage de poussière. Vlouf !
Après quelques secondes durant lesquelles je me demandai si je n'allais rester sur place pour dormir une journée ou deux, j'entendis un immense éclat de rire, tout près de moi. Surpris, je me relevai à la hâte et me retrouvais face à trois types hilares. Enfin trois types, c'était beaucoup dire ! Le plus grand, celui dont le nez avait une jolie teinte rougeâtre, ne dépassait guère le mètre vingt. Il avait un bide énorme et se marrait comme un bossu en me désignant d'un doigt boudiné.
– Groumff ! Leur fis-je d'un air menaçant.
Les trois nains se gondolèrent de plus belle.
Décontenancé, j'attendis patiemment la fin de leur marrade, hésitant sur l'attitude à adopter : Je leur volais dans les plumes quitte à passer pour un gars sans humour. Je rigolais avec eux ou bien je filais sans leur demander qui ils étaient.
Au bout d'un moment, ils se calmèrent, enfin. Le plus petit s'avança vers moi et me tendit la main.
– Enchanté. Même notre père Bozo, ne nous fait pas marrer autant. Vous devriez venir à la maison et nous refaire votre numéro. C'est bon de rigoler comme ça ! Et puis, poursuivit-il d'un ton mystérieux, il y a Josette. Elle devrait vous plaire, Josette !
– Ha oui, surenchérit Gros Pif, j'avais oublié Josette. Venez, nous habitons à deux pas d'ici.
– Allez, ne vous faites pas prier, ajouta le troisième. Vous pourrez vous désaltérer et Josette sera si heureuse.
Fatigué de courir et surtout mort de soif, je me résignais à les suivre pour enfin connaître cette fameuse Josette. |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Virprudens |
Posté le: Ven Juil 04, 2008 8:23 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 31 Mar 2007 Messages: 82 Localisation: Lyon
|
Un peu plus d'un mois après la dernière intervention, voici le retour de Tété. Mais dans quelle merde s'est-il encore fourré ?
----
Deux pas, ils avaient dit les bougres. Deux pas ; je sais pas s'ils savaient vraiment compter ou s'ils avaient une notion des unités de mesures sensiblement différente de la mienne mais leurs pas semblaient être rien moins que des putains de kilomètres. On avait mis presque une demi-heure – une demi-heure ! - avant d'arriver devant une sorte de grand rocher tout moche, couvert d'une sorte de mousse glauque pelucheuse dont tous les oiseaux de la région (mais pas uniquement : les renards et les lapins aussi apparemment) avaient fait leur litière.
J'étais persuadé qu'en grattant un peu la couche de guano, au doigt tout d'abord, puis au marteau et burin, on aurait pu faire des études géologiques fort intéressantes, remontant le temps à mesure que l'on s'enfonçait plus profond dans la concrétion d'excréments.
Gros-Nez-Rouge m'arracha de ma contemplation stupéfaite par un joyeux :
- C'est chez nous ! C'est joli, hein ?
- Euh, ouais, je sais pas trop. Ca fait un peu art moderne non ?
- Allez, m'sieur le rigolo, rentrez donc. Z'allez voir, c'est encore plus chouette à l'intérieur.
M'attendant au pire, et pas rassuré par les coups de coude complices dont s'abreuvaient mes trois compagnons minuscules, je franchis le seuil, suivant Gros-Tarin-Ecarlate.
- Hey hi, Josette, lança t'il d'une voix de stentor, qui se répercuta sur toutes les parois, allant s'emplifiant jusqu'à nous revenir en un brouillon et terrifiant AYEEEEEEJOZZZZZZZZZEEEEETTTTT, qui me pulvérisa le tympan.
- Hey ho, Chorizo, répondit une douce voix, une fois l'écho réduit à un bourdonnement infime.
J'hésitai à lancer un 'on rentre du boulot' qui m'étais venu spontanément aux bords des lèvres, et laissai mes yeux s'accoutumer à la pénombre qui régnait dans cette antre des nains.
Devant nous, se trouvait une vieille femme, pas naine pour un sou, genre un mètre soixante-quinze au garrot, au regard pétillant et à la peau d'albâtre, toute ridée, aux longs cheveux gris se perdant en rideaux lourds sur ses épaules. Elle avait du être magnifique dans sa prime jeunesse – et peut-être même au-delà.
- Bonjour, moi c'est Tété. Ces messieurs m'ont très diligemment invité dans votre demeure, et ne voulant pas être impoli, je n'ai eu d'autre choix que d'accepter.
- Bien le bonjour monsieur Tété. Moi, c'est Josette. Mais vous pouvez m'appeler Blanche-Neige si vous voulez. Ils le font parfois, ils disent que c'est plus marrant maintenant que je suis vieille, que c'est raccord avec mes cheveux.
- Ah ? Bon... enchanté alors, Josette-Blanche-Neige.
Les nains m'invitèrent à m'asseoir, et me proposèrent un truc à boire, ce que j'acceptai avec empressement. C'était bon et rafraichissant. Sucré. J'en redemandai ; je savais que ce n'était pas très poli, mais j'avais vraiment un pépie de tous les diables. Et puis, c'était bon à s'en faire péter le bide.
- Et vous êtes tous là ?, demandai-je sur le ton de la conversation.
- Non, non, il manque encore Bozo, mais il ne devrait plus tarder. C'est un peu Blanche-Neige et les 4 nains quoi.
- C'est les 7 nains non ?
- De quoi ?
- L'histoire. C'est bien Blanche-Neige et les 7 nains, non ?
- Oui. Dans l'histoire oui. Mais nous, c'est Blanche-Neige et les 4 nains. C'est presque pareil. C'est drôle.
- Ah bon. Et les 3 autres, ils sont où ?
- Quels autres ?
- Ben, les 3 autres nains. Pour faire 7.
- Je comprends pas. Pourquoi on devrait être 7?
- Pour que ça fasse Blanche-Neige et les 7 nains. Ca serait plus marrant, non ? Plus classe.
- Euh, non.
Ils me regardaient tous avec de grands yeux dubitatifs, l'air un peu gênés. Le plus petit (Nico, il s'appelait – il était un peu concon), approcha son visage du bien en louchant, presque jusqu'à me coller son nez dans l'oeil. Il avait une haleine de guano – j'étais certain qu'il devait passer ses journées à lécher le rocher comme une friandise.
- Il est pas un peu parti, là ?
- Non, pas encore, lui répondit le troisième nain (Brembo, je crois qu'il s'appelait - il arrêtait pas de faire des pets qui, étrangement, semblaient plutôt améliorer l'atmosphère)
- Mais, ça devrait plus tarder, renchérit Grand-Blair-Aviné (Chorizo). Avec ce qu'il a bu, ça devrait bientôt faire effet.
- Qu'est-ce qui devrait faire effet ? demandai-je d'une vois passablement mal assurée.
- La drogue, me répondit Chorizo-Masta-Pif. T'en as bu deux grands verres. Tu vas être niqué de chez niqué, moi je te dis que ça. Ca va être la méga-touze d'enfer.
Se retournant vers une étagère, il fourragea quelques instants, avant de brandir un instrument pour le moins inquiétant, dans le genre coupant et contondant à la fois.
- Si tu savais ce qu'on peut faire comme trucs avec ça, prononça-t'il d'un air gourmand.
Sentant la panique gagner une à une les fibres de mon corps, je décidai de réagir et de me redresser ; dans pas longtemps, il allait y avoir du lancer de nain catégorie premium, ça allait pas louper. Malheureusement pour moi, allant bien plus vite que la panique et ma réaction courageuse (mais alors bien bien plus vite, genre l'outsider côté 50 contre un qui revient dans la dernière ligne droite pour fumer tout le monde), un engourdissement me saisit soudain. D'un bloc.
Je tombai. Mon nez se fracassa sur la table. _________________ who the fuck cares anyway ? |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
| Alain |
Posté le: Mer Aoû 27, 2008 1:46 pm Sujet du message: |
|
|
Inscrit le: 07 Mai 2007 Messages: 143 Localisation: Aix en Provence
|
Virprudens, Lekarr : que diriez-vous si on écrivait encore un morceau ou deux chacun et qu'on s'achemine vers une fin de ce premier opus ?
ça permettrait soit de repartir soit sur une nouvelle épopée, soit sur un nouveau truc, tout aussi sérieux, naturellement ! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|
|
|